Les Bonnes Pratiques de Fabrication, BPF (norme 22716) en cosmétique expliquées

Bonjour à tous !
Quand on se lance dans la grande aventure qu’est d’ouvrir son laboratoire de cosmétiques, on se rends compte qu’il y a beaucoup de règles à respecter. L’une d’elle, est de se conforter aux Bonnes Pratiques de Fabrication, ou BPF. Mais pour ça, il faut déjà en comprendre le texte ! Je vous explique simplement dans cet article ce que signifie cette norme 22716.


Les BPF, norme ISO 22716, est est une norme qu’ont doit respecter pour commercialiser ses cosmétiques, qu’on les formules de A à Z, ou qu’on fasse uniquement du conditionnement, comme par exemple acheter de l’huile en gros contenant et la revendre en petits flacons.


Les BPF servent à organiser le laboratoire, dans son aménagement, la formation du personnel, le suivi des matières premières et des produits fini. Le but étant d’assurer la sécurité du consommateur final.


La norme au complet est disponible à l’achat sur le site de l’afnor, et coûte un peu moins de 100€:
https://m.boutique.afnor.org/norme/nf-en-iso-22716/cosmetiques-bonnes-pratiques-de-fabrication-bpf-lignes-directrices-relatives-aux-bonnes-pratiques-de-fabrication/article/776722/fa133464

Cette norme à été rédigée aussi bien pour de très grandes structures, que pour des micro entreprises. C’est à nous d’adapter chaques points à la taille du laboratoire et au nombre de personnes qui y travaille. Je vais faire avec vous le tour des 17 poins de la norme:

  1. Domaine d’application

Les BPF s’appliquent à la production, le contrôle, le stockage et l’expédition des produits cosmétiques. On ne parlera pas de la sécurité du personnel ni de l’environnement. Vu que c’est une norme européenne, on ne peut pas parler de loi du travail ou autres. On se concentre que sur les cosmétiques eux même.

2.Termes et définition

Le points 2 est une liste de termes et de définitions, comme qu’est ce qu’un produit cosmétique, des choses comme ça…

3. Le personnel

On attaque le vif du sujet avec cette rubrique.
Tout d’abord, la norme nous demande de définir une personne responsable de la qualité, vous même, ou un membre du personnel. Il faut qu’il y ai assez de personnels par rapport aux nombres de poste dans l’entreprise, que chaque personne connaissant son poste et y soit formé. Il faut aussi que tout le monde soit formé aux BPF.

Les règles d’hygiène sont strictes, pour ne pas contaminer les produits. Les personnes ayant accès au laboratoire doivent être propres sur elles et porter des vêtements de protections : blouse, charlotte, chaussures de laboratoire… Il fais se laver les mains très régulièrement.

Il ne faut pas venir travailler si on est malade, sauf avis d’un médecin, pour assurer la qualité des produits. Dans la mesure du possible, il ne faut pas avoir de personnes extérieures au service dans la partie production. En gros, si vous avez de la visite comme par exemple de la famille à qui vous voulez montrer votre laboratoire, ne les laissez toucher à rien !

4. Le local

Une autre partie super importante, le local ! Le laboratoire doit être conçu pour être facilement nettoyé, désinfecté, et que le stock de matière première et les produits finis soit organisé pour éviter les erreurs. Tout dois être bien rangé et à sa place.

Il faut séparer dans des pièces différentes les zones de stockage, de production, les bureaux, et les sanitaires. Si ce n’est pas possible, ces zones doivent être bien définis. On séparera quand même le laboratoire des autres pièces, dans la mesure du possible. Les sanitaires serons hors de la zone de production.

Il faut que le flux de produis et de personnel soit défini.En gros, il faut organiser le laboratoire pour ne pas avoir à le traverser pour réceptionner de la marchandise par exemple. On va éviter au maximum les aller retour inutiles.

Les murs, sol et plafond doivent être propre et facile à entretenir. On doit avoir une bonne ventilation, ou pouvoir ouvrir les fenêtres si besoin. On les protégera quand même pour empêcher le passage d’insectes volants, surtout l’été.

Le laboratoire doit être bien éclairé, et de façon à éviter la chute de débits de verre éventuelles dans les produits cosmétiques. Il ne doit pas y avoir de canalisations et de gaines qui fuies dans le laboratoire. Si vous faites construire des locaux neufs, il ne faut pas qu’il y ai de gaines, canalisations et charpentes apparentes.
Le local et tout le matériel doit être propre, et désinfecté régulièrement, avec des produits efficaces. C’est écrit sur le flacon. J’utilise moi même un spray désinfectant de chez Anios. Pour laver le sol, vous pouvez utiliser un désinfectant à la javel par exemple, pas de soucis.
Il faut aussi protéger les locaux des nuisibles: rats, insectes, oiseaux…. Ne pas avoir d’ouvertures sur l’extérieur en gros.

5. Équipements

Le matériel dans le laboratoire et les machines doivent être facile à nettoyer, et résister à la corrosion, et aux produits désinfectants. On utilise le plus souvent du matériel en inox, c’est le plus pratique à désinfecter.

Vos packaging, les pots et flacons que vous remplirez par la suite, doivent êtres stocké dans un endroit propre, au sec. Il faut pouvoir circuler facilement dans le laboratoire, sans risque de contaminer la production en allant chercher des ingrédients par exemple.

Un autre point important : Il faut étalonner régulièrement le matériel de mesure, comme par exemple sa balance. Il y a une étiquette verte sur le côté avec la date de contrôle d’un expert tout les ans. Si l’appareil est défectueux, il ne faut plus l’utiliser et le faire réparer ou le changer avant de reprendre la production.

En cas de risque pour la santé du consommateur, il ne faut pas vendre un produit où vous auriez un doute sur la qualité, à cause d’une mauvaise pesée par exemple.
Tout le matériel et les locaux doivent être désinfecté avec un produit efficace. On retrouve écrit sur le flacon le temps d’application minimum pour une bonne efficacité.
Les machines doivent être entendu régulièrement par exemple mettre de la graisse sur les axes de rotations de la machine de production.

6. Matières premières et articles de conditionnement

Parlons maintenant du choix de vos matières premières. Vous devez utiliser des matières premières et des conditionnements de bonne qualité. Les fournisseurs doivent pouvoir vous fournir tout les documents réglementaires obligatoires.
Il faut avoir un bon de commande et un bon de livraison à chaque commande, pour la tracabilité. Les emballages doivent être en bon état à la réception, et que le numéro de lot soit bien visible sur tous. Ne pas hésiter à renvoyer un produit en mauvaise état.
Chaque article doit être identifié par:

  • Son nom inscrit sur le BL
  • Son nom commercial s’il y en a un
  • Son numéro de lot
  • La date de réception
  • Le nom du fournisseur

Chaque article doit être livré avec un certificat d’analyse, qu’il faudra conserver dans vos archives.
Tout les produits, matières premières et de conditionnement doivent être stocké au propre et sec, les contenants bien fermé et pas posé directement sur le sol. Il faut toujours utiliser le lot le plus ancien en premier, pour assurer une rotation du stock. Si vous avez un doute sur un produit, poubelle ! On ne prend aucun risque ! Vous allez utiliser beaucoup d’eau dans vos productions. Je vous conseille d’utiliser de l’eau déminéralisée plutôt que l’eau du robinet. Au moins vous aurez directement un bulletin d’analyse, et vous n’aurez pas de doute sur sa qualité. Sinon, ça sera à vous de faire analyser votre eau régulièrement.

7. Production

À chaque production, il faudra faire un dossier de lot. On doit y trouver toutes les informations suivantes:
a) le nom des machines utilisées

b) la formule du produit

c) la liste des matières utilisées, avec les quantités prélevées et le numéro de lot de chaque ingrédient
d) les étapes de la fabrication détaillées, telles que l’ajout de matières premières, les températures, les vitesses, les temps de mélange. Comme on detaillerai une recette de gâteau !


On notera aussi l’échantillonnage, le nettoyage et, si nécessaire, la désinfection des équipements, ainsi que dans quel contenant on remplira notre produit.
Avant de commencer, vérifiez bien que vous avez assez de matière première, il ne faudrai pas tomber en passe d’un ingrédient ! Il faudra attribuer un numéro de lot à chaque production. Il faut contrôler chaque lot: vérification visuel et olfactives du produit fini, peser 2-3 pots après remplissage pour vérifier qu’on a la bonne quantité, vérifier le ph et envoyer un échantillon en analyse microbiologique.
Le remplissage et l’étiquetage doit se faire à la suite si possible, pour éviter les erreurs.

8. Produits finis

Le produit fini doit être stocké dans un endroit propre et frais, bien organisé pour éviter les erreurs et éviter que les produits ne périment. Il faut vendre en priorité les produits les plus ancien. On ne doit pas retrouver au fond d’un placard un vieux flacon oublié depuis 2 ans !

On doit noter le numéro de lot et la date de péremption sur chaque produit fini ainsi que la quantité qu’on a dans chaque pot. Un autre point, la gestion des retours éventuels des produits vendu. En cas de retour sur un produit, il ne faut surtout pas les stocker au même endroit que les produits finis. Il faut faire les tests nécessaires pour voir d’où vient le problème pour pas avoir à nouveau le même retour. Lors de l’expédition d’une commande , il faut garantir que les produits arriverons en bon état. Ne pas lésiner sur l’emballage !

9. Laboratoire de contrôle de la qualité

On parle ici des fameux contrôles microbiologique. Il faut réaliser un test microbiologique sur chaque lot. C’est à vous d’envoyer un échantillon à un laboratoire d’analyse. Ce laboratoire doit respecter lui aussi les BPF. On trouve facilement sur internet des laboratoires d’analyse microbiologique, ce n’est pas un problème. Si un échantillon revient positif, il faut trouver au plus vite d’où vient la contamination, et éliminer le lot concerné.

Pour chaque lot, on doit avoir un bulletin d’analyse, avec les références du laboratoire qui l’a effectué, le détail des tests avec les résultats, le numéro du lot étudié, et la date du test. Il faut également garder un échantillon témoin de chaque production au laboratoire, dans son packaging définitif, durant la durée de sa DLC.

10. Traitement des produits hors spécifications

Il peut arriver qu’une matière première ou un lot ne soit pas bon, ou arrive périmé. Selon le cas, il faut éliminer les mauvais produits, voir effectuer un retour chez le fournisseur.

11. Déchets

À vous de gérer vos poubelles, selon la réglementation locale. Les BPF sont rédigées au niveau européen. En tout cas, pour ma part, je ne gère pas de déchets dangereux ou toxique, je dépose juste les plus gros bidons, et les palettes à la décheterie, et je trie le reste comme des déchets ménager.

12. Sous-traitance

Si vous faites sous traiter une partie de votre activité , il faut avoir un contrat avec le laboratoire, avec toutes vos exigences. En sous traitante, je veux parler des fameuses analyses microbiologiques, du nettoyage des locaux, du conditionnement ou fabrication de vos produits si vous n’êtes pas équipé pour le faire vous même. À vous de vous assurer que le sous traitant ai toutes les informations pour bien faire son travail, et de vérifier que tout soit réalisé selon vos attentes. C’est vous qui serez responsable si vos clients ne sont pas satisfait.

13. Déviations

On parle ici des produits non conformes. Si vous constatez des variations sur des points de contrôle, à vous de décider si il faut stopper la production ou pas. Par exemple, le ph peut varier très légèrement d’un lot à l’autre, selon la qualité des matières premières. Mais tant qu’on reste dans une certaine fourchette, ça n’affectera pas la qualité du produit fini.

14. Réclamations et rappels

En cas de réclamation ou de rappel d’un lot, c’est à vous de trouver d’où vient le problème, de vérifier que d’autres lot n’ont pas été affectés. Grâce au numéro de lot, à vous de contacter les clients concernés et échanger la commande avec un produit neuf. En cas de danger pour le consommateur, il faut prévenir les autorités compétantes, comme l’ANSM en France par exemple. Les produits rappelé doivent être reconditionnés ou détruit selon le cas.

15. Gestion des modifications

Il peut y avoir des modifications du mode opératoire, si cela améliore la qualité du produit. On gardera les anciens documents en archive, et les plus récent serons au laboratoire.

16. Audit interne

Il faut faire évaluer régulièrement l’application des BPF par vous-même ou par une personne externe. Le but étant d’assurer la qualité et la sécurité du consommateur final.

17. Documentation

Il faut concerver tout vos documents au laboratoire : bon de livraison, bulletin d’analyse, contrat avec votre laboratoire d’analyse microbiologique, le DIP de chaque produit… Il faut aussi avoir la documentation sur chaque machine que vous utilisez, le mode d’emploi, les précautions à prendre….

Ces documents peuvent être sous forme papier ou numérique. Les documents tels que les dossiers de lot doivent être daté et signé par l’opérateur Tous les documents doivent être tenu à jour.

En voilà, on y est venu à bout ! Vous voyez, en décryptant les paragraphes un à un, on y voit déjà beaucoup plus clair ! Si vous souhaitez que j’approfondisse un de ces points dites le moi en commentaire, je vous ferai une vidéo et un nouvel article dessus avec plaisir !

Voici une fiche récapitulative à télécharger :

Retrouvez cet article en vidéo sur ma chaîne YouTube :


À bientôt ! 

Un commentaire

  1. Bonjour, merci beaucoup pour cet article ! J’ai lu et j’ai fait la formation iso 22716 mais votre article est meilleur que deux jours de formation.
    Jai des questions si vous voulez bien me répondre.

    9. Laboratoire de contrôle de la qualité

    « Pour chaque lot, on doit avoir un bulletin d’analyse, avec les références du laboratoire qui l’a effectué, le détail des tests avec les résultats, le numéro du lot étudié, et la date du test »

    -il s’agit de quel bulletin d’analyse ? Est-ce que pour un lot x autre que le test qualité microbiologique on doit faire d’autre test? (Les test du DIP sont pour une formule..)

    – est-ce qu’on peut faire nous mêmes (légalement) nos test microbiologique ?

    – a la suite de la production, faut il attendre les résultats du test microbiologique ? Logiquement ( pour ne pas gaspiller) oui mais, en attendant (en vrac) le produit risque aussi d’être contaminer. De plus il faudra encore refaire des tests après remplissage du produit finis pour garantir la qualité.
    La je suis totalement perdu..

    DIP tests obligatoires

    – jai demandé plusieurs devis à chaque fois on me propose plusieurs tests mais je ne connais pas les tests à réaliser minimum pour mettre sur le marché.
    Est-ce que la documentation des données scientifiques comme les articles publiés peuvent ils justifier une allégation ?
    Ou comment utiliser sur une étiquette les arguments scientifiques d’un actifs sans avoir fait des tests clinique ..

    Une dernière question :
    Pourriez-vous svp me dire les machines ou matériels qui sont obligatoire pour le contrôle qualité ?
    J’ai un pH-mètre
    Densimètre je ne sais pas si c’est obligé ainsi que viscosimètre, uv ..

    J’espère que vous verrez ce commentaire, je suis encore un bébé, je lance une petite entreprise, le budget et la réglementation m’ont fait perdre des cheveux.

    Encore merci pour vos vidéos et articles

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :